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Après des années de persévérance, Tom Dillemans a décroché le titre de Sommelier of the Year 2026.

Nous l’avons rencontré pour évoquer son ambition, l’art de l’hospitalité et l’essence de son métier.

Après avoir été plusieurs fois champion provincial, vous êtes enfin devenu champion national. Qu’est-ce qui vous a motivé à continuer à participer toutes ces années ?

J’ai toujours attendu avec impatience le défi suivant. Lorsque j’ai participé pour la première fois en 2020, je ne m’attendais absolument pas à devenir champion provincial. Ensuite, j’ai voulu défendre ce titre, ce qui m’a permis de remporter plusieurs titres provinciaux. Cette ambition m’a toujours motivé. En outre, le soutien de nos clients, de mes collègues et de mon entourage a également joué un rôle essentiel. Grâce à leurs encouragements, j’ai continué à participer année après année.

Comment les personnes de votre entourage – collègues, clients, famille – ont-elles réagi à votre titre ?

J’ai reçu énormément de félicitations. Les personnes qui me sont proches savent combien de travail, de préparation et de persévérance cette réussite a demandé. Elles étaient donc avant tout heureuses de voir que j’avais enfin atteint cet objectif.

Le titre de « Sommelier of the Year » récompense non seulement les connaissances en vin, mais aussi le service, l’expérience offerte au client et la communication. Estimez-vous que cette approche reflète correctement le métier ?

Absolument. Pour moi, un sommelier est avant tout quelqu’un qui veille à ce que les clients repartent avec un beau souvenir. Pour y parvenir, il faut bien plus que de simples connaissances en vin. Il faut savoir comprendre les attentes des clients, être à l’écoute de leurs envies et les traduire en un choix de vin approprié. Il est également essentiel de raconter cette histoire de manière accessible et convaincante afin que le client ait pleinement confiance dans son choix.

L’événement parle volontairement d’« élection » plutôt que de « concours ». Partagez-vous cette philosophie ?

Tout à fait. Au final, tous les participants partagent la même passion pour le vin et l’hospitalité. Bien sûr, il n’y a qu’un seul vainqueur, mais pour moi, l’essentiel est de rencontrer d’autres sommeliers, d’échanger des idées et d’apprendre les uns des autres. C’est précisément ce qui fait toute la valeur du Sommelier of the Year.

Y a-t-il un vin inoubliable dans votre carrière, une bouteille que vous n’oublierez jamais ?

J’accorde beaucoup d’importance à l’histoire qui se cache derrière un vin. Chaque bouteille qui porte une histoire particulière me marque. Si je devais n’en retenir qu’une, ce serait un Petrus de mon année de naissance, 1996. Durant ma formation, ce vin était souvent cité comme l’un des plus emblématiques au monde. Avoir eu l’occasion de travailler avec une telle bouteille, et qui plus est issue de mon année de naissance, a été un moment très particulier que je n’oublierai jamais.

Selon vous, quelle est la plus grande idée reçue sur le métier de sommelier ?

Beaucoup de personnes pensent que les sommeliers passent leur temps à boire du vin. Après ma victoire, j’ai constaté que beaucoup étaient surpris d’apprendre qu’en dehors du travail, je consomme volontairement très peu d’alcool. Le vin est sans aucun doute ma passion, mais pour moi, il s’agit avant tout de le comprendre, de le vivre et de pouvoir partager son histoire. J’accorde également beaucoup d’importance au fait de consacrer du temps à ma famille, à mes amis et à d’autres centres d’intérêt afin de préserver un bon équilibre.

Vous n’avez rien à perdre et tout à gagner.

Observez-vous dans votre restaurant un intérêt croissant des clients pour les alternatives sans alcool ?

Oui, les clients ont aujourd’hui une approche beaucoup plus réfléchie de la consommation d’alcool. Nous constatons de plus en plus souvent qu’ils alternent boissons alcoolisées et boissons sans alcool au cours d’un même repas. Il n’est pas rare non plus qu’une personne opte pour un accord mets-vins tandis que l’autre choisit un accord sans alcool. Cela montre que la demande de flexibilité et d’alternatives de qualité ne cesse de croître.

Que diriez-vous aux jeunes sommeliers qui hésitent à participer au Sommelier of the Year ?

Je leur dirais de ne pas hésiter et de se lancer. Ils n’ont rien à perdre et énormément à gagner. C’est une occasion unique de rencontrer d’autres sommeliers, de trouver de nouvelles sources d’inspiration et de développer leur propre vision du métier. Chacun possède son propre style, et c’est justement grâce à cette diversité de points de vue que l’on apprend énormément, tant sur soi-même que sur la profession.

Que change concrètement ce titre pour vous, sur le plan professionnel ou personnel ?

Ce titre représente énormément pour moi, d’autant plus qu’aucun sommelier de la région de Louvain-Tirlemont n’avait encore été élu Sommelier of the Year. Cette victoire a également suscité une importante couverture médiatique. Elle me donne l’occasion de partager ma vision du vin et de montrer qu’il est bien plus accessible que beaucoup ne l’imaginent. Le vin ne se résume pas à la technique : il est avant tout une histoire de récits, de rencontres et d’émotions. C’est dans cette direction que je souhaite continuer à m’investir dans les années à venir.