
2026 est une année exceptionnelle pour Kathy Declercq. Élue Wine Lady of the Year, elle contribue à inscrire définitivement le Wijndomein Cruysem sur la carte des grands domaines viticoles belges.
Nous l’avons rencontrée pour parler de l’impact de son titre, des atouts des vendanges nocturnes et de sa vision de l’avenir du secteur viticole belge.
Félicitations pour ton titre, Kathy ! Qu’est-ce que le fait d’avoir remporté le titre de Wine Lady of the Year a changé pour toi ?
Merci ! On m’en parle énormément. Au fond de moi, je l’espérais, mais je n’aurais jamais imaginé gagner, et encore moins que cela aurait un tel impact. Pour un producteur, cette visibilité supplémentaire est fantastique. Nous le constatons immédiatement : des restaurants nous contactent spontanément parce qu’ils souhaitent inscrire Cruysem à leur carte. Le timing est en plus idéal, car nous sommes en pleine phase de croissance et nos ventes augmentent fortement.
Votre parcours est étonnant : vous êtes passés du secteur de la construction à la viticulture. Comment cette aventure a-t-elle commencé ?
Mon mari et moi dirigions une entreprise de chapes que nous avons vendue en 2015. Nous avons toujours été passionnés par le vin et le rêve de posséder un château en France ne nous quittait jamais. Lorsque nous avons fait analyser nos terres à Kruisem, nous avons découvert qu’elles étaient particulièrement adaptées à la production de vins effervescents. En 2017, nous avons planté nos 3 000 premiers ceps, sans aucune expérience, mais avec une immense capacité de travail héritée de notre passé dans la construction. Aujourd’hui, notre domaine compte 48 000 ceps répartis sur 10 hectares.
Vous produisez exclusivement des vins effervescents. Quel est votre secret dans le vignoble ?
Nous réalisons un maximum de travaux nous-mêmes et nous travaillons de manière très efficace. Un élément essentiel est la récolte mécanique, que nous effectuons exclusivement de nuit. Pourquoi ? Parce que les raisins arrivent au chai bien frais, entre 8 et 12 °C. Cela permet de préserver la fermeté de la peau des baies et de limiter l’oxydation, ce qui améliore la qualité du jus. Après les vendanges, le vin repose d’abord sept à neuf mois en cuve afin de gagner en stabilité, puis il vieillit encore deux ans en cave.
Tu es également trésorière de Belbul. Quelle est l’importance de cette organisation ?
Belbul est l’association des producteurs belges de vins effervescents. Elle constitue un véritable label de qualité : pour en faire partie, les membres doivent produire un vin bénéficiant d’une AOP (Appellation d’Origine Protégée), ce qui implique une analyse chimique et une dégustation par un comité d’experts. C’est d’ailleurs une belle coïncidence que les trois dernières Wine Ladies – Joyce, Vanessa et moi – soient toutes membres fondatrices de Belbul.
Que réserve l’avenir au domaine viticole Cruysem ?
Notre priorité reste inchangée : continuer à faire rayonner les vins effervescents belges de qualité et montrer au grand public que la Belgique produit des cuvées d’un niveau exceptionnel. Cette année, nous espérons engager pour la première fois un collaborateur fixe afin de garantir cette qualité à tous les niveaux, alors que nous nous dirigeons vers une production de 100 000 bouteilles par an.
Nous souhaitons également développer davantage l’expérience proposée au domaine. Lors de nos terrasses d’été et de nos journées de dégustation, nous constatons que les visiteurs apprécient énormément l’histoire personnelle qui se cache derrière chaque bouteille. Qu’il s’agisse d’un team building ou d’un groupe privé, nous voulons que chacun reparte avec le même enthousiasme que nous pour les bulles belges. Nous continuerons à faire ce qui nous passionne : garder les pieds dans la terre, la tête sur les épaules et construire, avec conviction, un produit belge de grande qualité dont nous pouvons être fiers.
